Partager

24 000 plaintes citoyennes pour exiger le respect du règlement sur la pêche électrique

Partager :

Plus de 24 000 plaintes citoyennes ont été envoyées à la Commission européenne afin d’exiger des sanctions contre les Pays-Bas.

Plus puissante qu’une pétition, cette action inédite est une véritable démonstration de l’usage de la démocratie. Mais BLOOM déplore le silence de la Commission européenne et décide de prolonger cette action jusqu’à obtenir une réponse satisfaisante.

La fin de l’impunité réclamée

Les 24 000 plaignants exigent que la réglementation sur la pêche électrique soit appliquée. « Nous avons pris conscience de l’immunité totale dont jouissent les Pays-Bas au sein de nos institutions européennes. Le 2 octobre 2017, lorsque nous portions plainte pour la première fois contre les Néerlandais pour pêche illégale, nous étions loin de nous en douter. Des citoyens nous avaient alors alertés sur la folie de s’attaquer à cette puissance « intouchable ». », explique Sabine Rosset, directrice de BLOOM.

En effet, le dossier de la pêche électrique n’a cessé de révéler son lot de dysfonctionnements. « D’autres secteurs que celui de la pêche pourraient être concernés par cette corruption morale. Nous sommes trop petits pour contrer systématiquement l’empire néerlandais et nous attaquer à toutes leurs turpitudes, mais nous n’aurons de cesse de faire reconnaître l’illégalité des licences accordées. Il est hors de question que le gouvernement néerlandais bénéficie de passe-droits. », poursuit Sabine Rosset.

Une Commission européenne complice

Bien que BLOOM ait gagné son combat pour l’interdiction de la pêche électrique, la Commission européenne continue ses errements. Elle refuse de sanctionner un gouvernement néerlandais pourtant dans la plus flagrante illégalité. La Commission européenne a confirmé dans un courrier adressé à BLOOM daté du 29 juillet 2020 que les Pays-Bas peuvent octroyer un maximum de 15 dérogations pour pratiquer la pêche électrique mais elle laisse cet Etat membre frauder par une interprétation abusive de la loi. Depuis le 1erjanvier 2020, les Pays-Bas ont officiellement conservé 22 licences mais BLOOM a révélé qu’au moins 27 navires ont eu recours à la pêche électrique en 2020.[1] BLOOM réclame aussi l’ouverture d’une procédure d’infraction contre cet Etat membre.

Fidèle à la politique qu’elle mène sur ce dossier, la Commission européenne, par son mutisme, continue de protéger un état voyou au détriment du bien commun. Alors qu’elle aurait du répondre – au plus tard le 15 octobre 2020 – à nos précédentes plaintes déposées contre les Pays-Bas pour pêche électrique illégale, BLOOM n’a encore reçu aucune réponse. Les plaintes de masse ont pour objectif d’obliger la Commission à sortir de son silence complice et agir contre l’impunité des Pays-Bas.

Une remise à l’agenda obtenue à l’arraché par les lobbies

Malgré la forte opposition du Parlement européen, les lobbies de la pêche électrique se félicitent d’avoir remis le sujet à l’agenda de la Commission PECH du Parlement européen en novembre prochain. C’est d’autant plus préoccupant que la Ministre allemande, à la Présidence du Conseil, avait annoncé vouloir « rouvrir le débat ». Le but des lobbies industriels est clair : faire annuler l’interdiction de la pêche électrique en utilisant des arguments scientifiques trompeurs.

BLOOM a plus que jamais besoin du soutien des citoyens pour maintenir la pression sur la Commission européenne. Chaque plainte est une épine supplémentaire dans son pied. L’objectif ambitieux a été fixé à 100 000 épines : https://plaintecitoyenne.bloomassociation.org/

Notes et références

[1] Depuis plus de 10 ans, les Pays-Bas trichent sur leur nombre de licences, octroyant jusqu’à 84 dérogations.

Partager :