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L’Allemagne et les lobbies industriels néerlandais : complices pour le pire

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Alors que la Commission européenne a enfin reconnu — près de trois ans après notre première plainte — que les Pays-Bas avaient toujours été et continuaient d’être dans l’illégalité la plus totale concernant leur pratique de la pêche électrique, l’Allemagne ne trouve rien de mieux à faire que de vouloir « rouvrir le débat ». Une position à des années lumières de l’exemplarité demandée par les citoyens de la part des décideurs politiques et pourtant prônée par l’Allemagne.

Allemagne et lobbies néerlandais : une histoire d’amour qui dure

Faite par Julia Klöckner, ministre allemande de l’Alimentation et de l’Agriculture lors d’une réunion de la Commission de la pêche du Parlement européen le 3 septembre 2020[1], « cette annonce est en réalité peu étonnante, au regard de la relation incestueuse qu’entretiennent historiquement l’État allemand et les lobbies industriels néerlandais », analyse Frédéric Le Manach, directeur scientifique de BLOOM. En juin dernier, l’ONG Corporate Europe Observatory avait déjà révélé l’ampleur de ce problème dans dans son rapport intitulé « Tainted Love«  (« amour souillé, corrompu »).

L’Allemagne, bonne élève uniquement sur le papier

Dernier exemple en date des intérêts néerlandais un peu trop présents dans la politique allemande : l’équipement en chalut électrique du BRA-2 BUTENDIEK en avril 2020, en infraction flagrante du règlement d’interdiction de la pêche électrique. BLOOM avait déposé une plainte à ce sujet auprès de la Commission européen en juillet 2020 ; plainte restée lettre morte pour le moment.

L’eurodéputée EELV Caroline Roose a d’ailleurs soulevé ce problème de dérogation illégale allemande lors de la réunion de la Commission de la pêche du 3 septembre. Question également restée sans réponse, la ministre allemande préférant habilement l’ignorer. « Justifier cette dérogation illégale juste après avoir prôné vouloir « faire preuve de responsabilité » aurait en effet été plus que périlleux, d’autant plus que l’Allemagne est actuellement à la Présidence du Conseil de l’Union européenne et est donc attendue au tournant » continue Frédéric Le Manach.

Le scandale de la pêche électrique continue donc et risque même de connaître un second souffle, entre cette volonté de l’Allemagne de rouvrir le débat et le coup de bluff surréaliste des Pays-Bas d’attaquer l’interdiction de cette méthode de pêche destructrice devant la Cour de justice de l’Union européenne. « En s’évertuant à bafouer l’intérêt général au profit de leurs amis industriels, les décideurs politiques européens donnent l’impression de tout faire pour ruiner la confiance pourtant déjà bien effritée que les citoyens leur accordent« , se désole Sabine Rosset, directrice de BLOOM. Une situation à laquelle la société civile ne peut pas grand-chose, les processus juridiques étant verrouillés par ces intérêts délétères.

Affaire à suivre…

Références

[1] Disponible à : https://multimedia.europarl.europa.eu/en/committee-on-fisheries_20200903-1200-COMMITTEE-PECH_vd

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