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Pêche électrique : plus que 22 licences pour les Pays-Bas

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L’année 2020 commence par une bonne nouvelle, très attendue : suite à l’entrée en vigueur du nouveau règlement sur les “Mesures techniques” en août 2019, 20 dérogations permettant de pratiquer la pêche électrique ont expiré le 31 décembre 2019. Elles avaient illégalement été délivrées en 2010 pour mener des recherches scientifiques qui n’ont jamais eu lieu.[1] S’ajoutant à une première salve de 42 dérogations qui avaient été retirées le 1er juin 2019,[2] les Pays-Bas ne possèdent désormais plus que 22 dérogations sur 84. BLOOM se félicite de la disparition enclenchée de cette pêche destructrice contre laquelle elle s’est mobilisée main dans la main avec des pêcheurs artisans de toute l’Europe.

Les Bataves restent cependant en infraction, un maximum de 5% de la flotte de chalutiers à perche de chaque Etat membre pouvant continuer à pratiquer la pêche électrique.[3] Si les Pays-Bas respectaient la réglementation, ils disposeraient donc de 15 licences et non 22. BLOOM avait à ce propos porté plainte le 18 septembre 2019 auprès de la Commission européenne, plainte restée sans nouvelle.

les industriels néerlandais n’ont pas décidé de se convertir vers des techniques de pêche douces pour autant. Ils s’entêtent en réalité à retourner au chalut à perche (qui déloge le poisson du sédiment grâce à des “chaines gratteuses”), causant notamment la colère des pêcheurs artisans danois, qui demandent son interdiction dans toute l’Europe. Pis, les industriels néerlandais testent même de nouvelles méthodes afin de retrouver l’efficacité radicale de la pêche électrique. Leur dévolu semble se porter vers une méthode qui utilise des jets d’eau sous pression pour déloger le poisson du sédiment, une sorte de pêche au « kärcher© ». Un navire de 24 mètres, le ARM-33 de la compagnie Jaczon, a d’ores et déjà été équipé. Les industriels cherchent bien évidemment à obtenir des subventions publiques pour équiper d’autres navires.

Le profit rend fou, mais les contribuables européens ne doivent pas payer pour cette folie. BLOOM reste et restera vigilante et exhorte la Commission européenne à surveiller de près ces nouvelles « innovations », synonymes de destruction de la ressource et des pêcheurs artisans.

[1] A la demande de la Commission européenne, Carola Schouten, Ministre de la pêche aux Pays-Bas a déclaré au sujet des navires qui n’étaient pas impliqués dans des expériences de recherche« même quand il est devenu clair que nos recherches scientifiques n’avaient pas démarré, la Commission a approuvé une troisième série de dérogations. »

[2] Voir notre actualité : https://www.bloomassociation.org/licences-expirees/

[3] Règlement (UE) 2019/1241 mis en œuvre le 14 août 2019

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