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Le gouvernement Macron, à la charnière de l’irréversible pour l’Océan

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Le gouvernement Macron est en passe de porter une responsabilité inédite dans la destruction de l’Océan. Le 18 juin prochain, La France va entériner sa position officielle au Conseil de l’Union européenne sur une mesure d’une importance absolument capitale, si tant est que nous souhaitions conserver le moindre espoir d’enrayer la surexploitation et la dégradation chroniques du milieu marin : il s’agit de l’élimination des subventions publiques encourageant la surpêche.

En 2015, l’ensemble des nations s’est accordé à l’ONU sur un objectif commun : éliminer d’ici 2020 les subventions contribuant à la surpêche et à la surcapacité des flottes. Comme pour les émissions de gaz à effet de serre en ce qui concerne le climat, il existe une origine commune à la destruction des poissons et des milieux marins : les aides publiques versées par les Etats aux flottes de pêche industrielles. Depuis 2001, l’Organisation mondiale du commerce s’accorde sur la nécessité de couper le robinet qui alimente la surexploitation mondiale des populations de poissons et la destruction des écosystèmes marins.

Cela fait près de 20 ans qu’un consensus scientifique existe à propos de ces subventions « néfastes ». Depuis 2015, le consensus est également politique avec l’adoption des Objectifs de développement durable (ODD) à l’ONU. Aujourd’hui, les 164 Etats membres de l’OMC discutent activement de la mise en œuvre de l’ODD 14.6 relatif à l’élimination des subventions.

Mais au lieu de soutenir cet objectif, la France utilise tout son poids diplomatique pour mettre en péril cet engagement crucial et servir les intérêts court-termistes et destructeurs des lobbies de la pêche : le gouvernement Macron a choisi de renier ses engagements internationaux en se positionnant pour la réintroduction d’aides néfastes encourageant la surcapacité des flottes et la surpêche !

La position écrite que la France défend dans le cadre des négociations au Conseil sur le prochain outil financier du secteur de la pêche (le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche – FEAMP[1]), comprend un trio cynique 1) des financements pour le renouvellement et la modernisation des flottes, 2) une volonté d’élargir la définition de la pêche artisanale[2] et 3) un amoindrissement des obligations en matière de transparence et de contrôle des fonds.

La France a trouvé de précieux alliés en l’Espagne, première flotte industrielle européenne, et en l’Italie de Salvini. Ce triumvirat sur-mesure n’ignore pas qu’en ouvrant la boîte de Pandore des subventions néfastes, il met en péril la moindre chance de régler le problème de la surpêche dans le monde. La France, l’Espagne et l’Italie savent aussi pertinemment que la position européenne va être scrutée par nos partenaires internationaux et qu’elle déterminera l’issue d’un accord multilatéral sur le seul remède universel à la surpêche : l’interdiction des subventions néfastes.

Si la France ne change pas radicalement sa position pour soutenir ENFIN les citoyens face aux appétits destructeurs des lobbies, Emmanuel Macron portera la responsabilité de l’échec de tout l’Agenda 2030 au niveau international.

Cette position honteuse de la France, déterminée dans l’opacité des institutions, n’a évidemment fait l’objet d’aucune consultation ou communication publique. BLOOM appelle les citoyens à se mobiliser massivement, en cette Journée mondiale de l’Océan, pour faire barrage à Emmanuel Macron, qui se comporte comme une pièce maîtresse sur l’échiquier des lobbies de la pêche pour détruire notre avenir et notre Océan.

Nous avons jusqu’au 18 juin pour nous mobiliser en masse et obtenir que la France change sa position et s’allie à la Suède et à l’Autriche contre les subventions nocives.

BLOOM appelle les citoyens à s’exprimer à propos de cette nouvelle trahison du gouvernement français qui mènera à la surpêche et à vider l’océan de ses ressources et de ses pêcheurs artisans.

Dites NON à la position de la France : https://www.bloomassociation.org/consultation/


[1] Période 2021-2027

[2] Correspondant actuellement aux navires de moins de douze mètres et n’utilisant pas d’engins traînants

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