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Des arrêts temporaires pour la pêche à pied professionnelle

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Vendredi 17 juillet, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a publié au Journal officiel un arrêté autorisant le versement d’aides aux arrêts temporaires pour les pêcheurs à pied professionnels pour la période du 12 mars au 31 mai 2020.

Des aides d’urgence débloquées avec deux mois de retard

L’épidémie de COVID-19 a durement affecté les secteurs de la pêche et de l’aquaculture en les privant notamment de leurs débouchés habituels. Afin de parer à cette urgence, l’Union européenne a débloqué des aides pour soutenir les professionnels. Par suite, le ministère français de l’Agriculture et de l’Alimentation a publié le 2 mai 2020 un arrêté précisant les modalités d’attribution de ces aides pour les pêcheurs professionnels. BLOOM en avait alors dénoncé les critères inégaux et demandé son abrogation. Cependant, le texte ne couvrait pas les pêcheurs à pied professionnels. Ces derniers ont donc dû attendre deux mois avant que des dispositions les concernant soient prises. De surcroît, les potentiels bénéficiaires disposent d’un délai relativement court pour déposer leurs demandes, la date-butoir ayant été fixée au 14 août.

Des mesures aussi tardives posent la question de la mise en œuvre de ces aides. Comment les pêcheurs à pied vont-ils prouver qu’ils étaient à l’arrêt  pendant cette période ? Par ailleurs, vont-ils être informés de la procédure à suivre pour monter un dossier ? BLOOM avait eu quelques retours de petits pêcheurs qui n’avaient pas été informés des dossiers à remplir. En effet, de nombreux pêcheurs seuls à bord font leur comptabilité par eux-mêmes et n’adhèrent pas à un centre de gestion ou à une organisation de producteurs. C’est ainsi que les petits sont souvent les plus lésés.

POUR EN SAVOIR PLUS

La pêche à pied se pratique dans l’estran, c’est-à-dire le long du littoral entre les niveaux de haute et basse mer (voir notre infographie sur les méthodes de pêche) ou dans les eaux très peu profondes (1 mètre maximum). Les pêcheurs à pied ciblent principalement les coques, les palourdes, les tellines, les moules, les huîtres, les couteaux, quelques crustacés et certains poissons.

En France, la pêche à pied professionnelle n’a été reconnue qu’à partir de 2001 avant d’être intégrée au Code rural et de la pêche maritime. Pour la pratiquer, ils doivent disposer d’un permis national qui doit être renouvelé chaque année et suivre une formation spécifique dans les deux ans suivant l’obtention du premier permis. L’accès aux gisements est également soumis à une licence qui est délivrée par les comités des pêches.

Assez peu de données sont disponibles sur la pêche à pied professionnelle. Mais d’après les chiffres accessibles, la France comptait environ 1 300 pêcheurs à pied professionnels en 2016[1]. Ces derniers sont en concurrence directe avec les récréatifs. En 2013, l’Ifremer estimait ainsi que sur les 2,5 millions de Français pratiquant occasionnellement ou régulièrement la pêche de loisir, 71% réalisaient de la pêche à pied (soit env. 1,8 million)[2].

Notes et références

[1] https://www.comite-peches.fr/la-peche-francaise/panorama-de-la-peche/

[2] https://wwz.ifremer.fr/peche/Le-monde-de-la-peche/La-peche/Par-qui/Pecheurs-de-loisir

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