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Subventions néfastes : la Commission alerte les nouveaux eurodéputés sur le vote catastrophique de l’ancien Parlement

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Mardi 23 juillet avait lieu la première réunion de travail de la Commission de la pêche du Parlement européen. A cette occasion, le directeur général pour les Affaires maritimes et la pêche de la Commission européenne, João Aguiar Machado, a participé à un échange de vues sur l’état des pêches européennes et a alerté les nouveaux eurodéputés sur le dossier le plus urgent à traiter à ses yeux : le prochain Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). Ce fonds déterminera l’allocation de plus de 6 milliards d’euros de subventions publiques aux secteurs de la pêche et de l’aquaculture ainsi qu’à la protection du milieu marin pour la période 2021-2027.

Le constat dressé par le directeur général João Aguiar Machado rejoint nos analyses et fait état de grandes inquiétudes et déceptions sur les positions catastrophiques adoptées par l’ancien Parlement européen en avril et par le Conseil en juin dernier :    « Les discussions FEAMP me donnent l’impression que notre engagement collectif en faveur d’une pêche durable disparaît et que nous abandonnons ces ambitions communes. » Le directeur général a rappelé la nécessité de mettre fin aux subventions néfastes qui contribuent à la surcapacité et la surpêche, tel que requis par l’Objectif de développement durable 14.6 des Nations unies. Il a notamment mis en avant la volonté scandaleuse de l’ancien Parlement et du Conseil de réintroduire les aides à la construction de bateaux neufs, interdites depuis 2004 dans l’Union européenne « et ce, justement, parce qu’elles avaient contribué à une surcapacité grave dans la flotte européenne ce qui a provoqué de très forts niveaux de surpêche de nombreux stocks halieutiques. »

Comme rappelé par la Commission, ce retour en arrière de quinze ans envoie un signal extrêmement négatif à la communauté internationale, alors que des négociations sont en cours à l’Organisation mondiale du commerce pour interdire ces subventions néfastes d’ici 2020 : « ll est inacceptable que l’argent du contribuable soit utilisé pour remettre en cause nos engagements internationaux. » Plus que jamais, BLOOM, aux côtés des ONG BirdLife, ClientEarth, Seas At Risk et WWF, reste mobilisée et continuera à lutter contre cette position désastreuse afin d’obtenir l’interdiction des subventions néfastes. Les discussions sur ce dossier continueront à la rentrée afin de décider des suites à y donner, alors que les négociations tripartites (le « trilogue » entre le Conseil, le Parlement, et la Commission) devraient commencer à l’automne.

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