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Les scientifiques internationaux alertent les décideurs européens sur la catastrophe des subventions néfastes à la pêche

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Alors que le Conseil de l’Union européenne doit annoncer le 18 juin prochain sa position en ce qui concerne le prochain fonds européen pour la pêche (FEAMP), les scientifiques internationaux multiplient, depuis plusieurs mois, leurs déclarations publiques afin que l’UE ne ré-ouvre pas la boîte de Pandore des subventions néfastes qui favorisent la surcapacité et la surpêche. Malgré le consensus scientifique sur la nocivité de certaines aides publiques à la pêche et les engagements internationaux pris par l’Union européenne dans le cadre de l’Objectif de développement durable 14.6, les États – France, Espagne et Italie en tête – semblent décidés à profiter de l’occasion pour balayer d’un seul revers de main tous les efforts qui ont été entrepris depuis une dizaine d’années pour restaurer les stocks de poissons et placer la pêche européenne sur la voie de la durabilité.

Le 31 mars 2019, une dizaine d’universitaires et de personnalités de renommée mondiale[1] avait déjà lancé l’alerte, quelques jours avant le vote du Parlement européen, dans une tribune publiée par le journal Le Parisien et solennellement enjoint les députés de se montrer à la hauteur des enjeux :

« Certains votes entrent dans l’Histoire pour de bonnes ou mauvaises raisons. Le 3 avril, les membres du Parlement européen devront décider quelle voie choisir : la protection de l’océan ou sa destruction. Alors que tous les États membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’efforcent de parvenir à un accord sur l’élimination des subventions néfastes à la pêche, le prochain Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche constituera un jalon essentiel vers la protection de l’océan (…)

LUE doit envoyer un signal clair à la communauté internationale. Les subventions publiques ne doivent pas être utilisées pour soutenir le pire, mais pour protéger les écosystèmes marins et l’intérêt général. Mettez un terme à la course aux poissons et à la tragédie des biens communs. Vous, députés européens, avez une responsabilité historique : vous avez le choix entre le passé et l’avenir. Choisissez l’avenir »

Aujourd’hui, ce sont les scientifiques Daniel Pauly, Philippe Cury et Didier Gascuel, trois figures incontournables de la science des pêches, qui prennent la parole pour rappeler la nécessité de ne pas ré-autoriser en Europe les subventions qui ont déjà conduit au désastre :

Daniel Pauly, Professeur à l’Université de Colombie Britannique

Philippe Cury, Directeur de recherche à l’IRD et représentant de l’IRD auprès des instances européennes

Didier Gascuel, Professeur à l’Agrocampus Ouest

 

Revoir les interventions en mars 2019 de :

 

Rashid Sumaila, Professeur à l’Université de Colombie Britannique

Markus Knigge, Directeur exécutif du Blue Action Fund

 

[1] Les universitaires Megan Bailey (Dalhousie, Canada), Andres Cisneros-Montemayor (Colombie-Britannique, Canada), Robert Costanza (université nationale australienne), Sjur Didrik Flåm (Bergen, Norvège), Håkan Eggert (Göteborg, Suède), Rudolf de Groot (Wageningen, Pays-Bas), Rosamond L. Naylor (Stanford, Etats-Unis), Charles Perring (Arizona, Etats-Unis), Rashid Sumaila (Colombie-Britannique, Canada), Thomas Sterner (Göteborg, Suède), Sebastián Villasante (Saint-Jacques-de-Compostelle, Espagne) et Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC et commissaire européen au Commerce (Institut Jacques Delors, France), Unai Pascual (Centre basque pour le changement climatique, Espagne), Geneviève Pons (Institut Jacques-Delors).

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