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L’arnaque de la publicité massive pour le saumon d’élevage avant les fêtes

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La France est le premier pays importateur du saumon d’élevage norvégien. 7 saumons sur 10 consommés en France sont élevés en Norvège. Elle est aussi actuellement le théâtre d’une campagne publicitaire massive de cette industrie visant à booster les ventes de saumon d’élevage avant les fêtes de Noël. En effet, le Comité scientifique pour la sécurité alimentaire norvégien (VKM) vient de lever ses avis de restriction de consommation de saumon, ce qui a été repris dans toute la presse française. Les Verts européens viennent de dénoncer la supercherie dans un article (en français et en anglais).

Faut-il croire les études préconisant la consommation de saumon d’élevage ? Un article du Irish Examiner fait le point sur la fiabilité des avis gouvernementaux concernant le saumon et revient sur le revirement subit, juste avant les fêtes de fin d’année, des avis du gouvernement norvégien quant à la consommation de saumon pour les femmes enceintes et les enfants. Ici un communiqué d’EELV mettant en cause la campagne publicitaire des éleveurs de saumon norvégiens qui cible la France. Un article d’Undercurrent News (à lire ici) revient sur la crise de réputation du saumon fumé de Norvège en France suite à la diffusion d’un reportage dans l’émission Envoyé Spécial en 2013 (à revoir ici) et la nécessité pour la Norvège de réhabiliter son image.

L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire ANSES ne recommande pas de limiter la consommation de saumon. Elle préconise de consommer du poisson deux fois par semaine, dont une fois du poisson à forte teneur en oméga 3, ce qui inclut le saumon (à lire ici).

Rappel des faits

A cause de la concentration dans les fermes piscicoles, les saumons sont exposés aux poux de mer et traités avec un pesticide, le diflubenzuron, interdit dans l’agriculture dans l’UE. Un rapport de 2012 de la direction environnementale de Norvège a calculé que la production de 780 tonnes de saumon d’élevage correspond aux émissions de nutriments salés d’une population de 7800 à 11 700 habitants (voir article de « Save the Baltic Salmon » ici). Ces déchets causent une eutrophisation (accumulation de nutriments) du milieu marin alentour qui conduit à la mort de nombreuses espèces. Les saumons qui s’échappent enfin menacent la diversité génétique des saumons sauvages (plus d’infos en anglais ici). Selon l’ONG « Friends of the Irish Environment », l’infestation de poux du saumon impacte négativement les stocks de saumons sauvages. Ils estiment que 12 à 44% de moins de saumons sauvages pondent actuellement.

Les saumons accumulent des métaux lourds (cadmium, mercure et arsenic), des produits organiques persistants et des perturbateurs endocriniens (diflubenzuron, PCB, dioxines et autres pesticides). L’effet cocktail est à craindre pour tant de produits réunis dans un seul poisson. Ceci est souvent contre-balancé par la teneur élevée en oméga 3 de la chair de saumon. Là encore, une alimentation  souvent coupée de farines végétales, fait baisser ces taux par rapport aux saumons sauvages. Pour plus d’infos, le groupe Écologie-les-Verts a compilé les risques santé ici et environnement ici liés au saumon (en anglais).

Voir ici une traduction en anglais des nombreux articles sur l’industrie norvégienne du saumon et la guerre contre les chercheurs mettant en évidence les impacts négatifs de sa consommation sur la santé humaine.

Alexandra Morton, scientifique mondialement connue pour ses recherches sur le saumon, livre 10 raisons de ne pas consommer de saumon d’élevage (en anglais ici).

 

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