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Nouveau rapport sur les conséquences d’un réchauffement de 1,5 °C

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Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sort aujourd’hui, lundi 8 octobre 2018, un rapport spécial Réchauffement planétaire de 1,5 ºC ainsi qu’un résumé à l’intention des décideurs politiques.Ceux-ci se réuniront lors de la prochaine COP24 prévue en Pologne en décembre prochain pour évaluer les progrès réalisés (ou leur absence).

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Ce rapport rassemblant plus de 6000 études scientifiques est le premier d’une série de rapports spéciaux qui seront élaborés par le GIEC, dont un prévu l’année prochaine qui se focalisera sur l’océan et la cryosphère (surfaces terrestres couvertes par la glace).

Il rappelle que les activités humaines ont déjà provoqué un réchauffement de la planète d’environ 1,0 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Le réchauffement devrait atteindre 1,5 °C entre 2030 et 2052 s’il continue d’augmenter au rythme actuel. Pour atteindre la cible de 1,5°C de réchauffement d’ici à 2100, les émissions mondiales nettes de CO2 doivent diminuer d’environ 45% par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030 et atteindre un bilan nul autour de 2050. Le GIEC souligne que ceci nécessite des transitions « rapides et de grandes envergures » dans les domaines de l’énergie, de l’aménagement du territoire, du bâtiment, du transport et des systèmes industriels. De plus, les risques pour les systèmes naturels et humains croissent avec le réchauffement climatique (perte de biodiversité, extrêmes climatiques, acidification de l’océan…).

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Concernant l’océan, limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à 2 °C devrait réduire les augmentations de la température, ainsi que l’augmentation de l’acidité et la diminution du niveau d’oxygène. Cette limitation du réchauffement devrait ainsi réduire les risques pour la biodiversité marine, les écosystèmes, et les pêcheries qui en dépendent. Cependant, les écosystèmes océaniques subissent déjà des changements à grande échelle, avec des seuils critiques qui seront atteints à 1,5 °C et plus. Par exemple, plusieurs sources de données indiquent que 70 à 90% des récifs coralliens qui existent aujourd’hui disparaîtront en grande partie lorsque le réchauffement climatique dépassera 1,5°C. La pêche artisanale dans les régions tropicales qui dépend fortement des habitats côtiers, comme ces récifs coralliens ou les mangroves, présente également un risque élevé à 1,5 °C en raison des pertes d’habitats associées. Ceci présente de grands risques pour la sécurité alimentaire.

En conclusion, ce rapport du GIEC s’inscrit dans la continuité des appels de la communauté scientifique à des changements rapides et de grande ampleur pour limiter le changement climatique et mieux s’y préparer. Il est grand temps d’engager une transition écologique et sociale ambitieuse pour notre bien à tous ! Les décideurs politiques se doivent lors des prochaines échéances internationales, et plus particulièrement lors de la prochaine COP24 qui se tiendra en Pologne en décembre prochain, de revoir fortement leurs engagements à la hausse comme l’indique clairement ce rapport.

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