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La pêche au chalut pélagique interdite sur le plateau de Rochebonne

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Le 22 octobre 2019, BLOOM s’opposait fermement à l’ouverture de la pêche au chalut pélagique dans la zone Natura 2000 du plateau de Rochebonne entre le 1er décembre 2019 et le 31 janvier 2020, dans le cadre d’une consultation publique très suivie par le public.[1]

Depuis 1978, cette pratique était rendue possible par le biais d’autorisations reconduites tous les deux ans et permettant à des navires de pêche industrielle d’opérer dans cette zone (pourtant protégée le reste de l’année) pendant 60 jours, entre décembre et janvier, pendant la période de reproduction du bar.

> Lire notre contribution à la consultation publique

Bonne nouvelle pour les écosystèmes marins et les pêcheurs artisans : le 26 décembre 2019, la préfecture de la région Nouvelle-Aquitaine a annoncé que ces autorisations ne seraient pas reconduites et que le plateau de Rochebonne serait donc dorénavant protégé toute l’année.

Une menace pour les pêcheurs artisans et les écosystèmes marins

Cette pratique de pêche (visant principalement le bar lors de sa période de reproduction) a — à de nombreuses reprises — été pointée du doigt pour ses impacts sociaux et environnementaux. L’IFREMER a notamment déclaré que « la fermeture de la pêche sur les zones de frai pendant la saison de reproduction constitue parfois l’unique moyen d’assurer le maintien du potentiel de reproduction d’une ressource, préalable indispensable à son exploitation durable. C’est alors une mesure de conservation efficace ».[2]

Cette pratique destructrice a également un coût social élevé dû à son impact négatif sur l’activité des pêcheurs artisans tout au long de l’année (prix cassés en raison d’arrivages massifs et de piètre qualité), alors que ces derniers pratiquent des méthodes de pêche bien plus vertueuses (captures plus faibles et très bien valorisées, peu voire pas de captures accessoires etc.). Cette pratique destructrice est également responsable (aux côtés d’autres méthodes de pêche) d’une forte mortalité de mammifères marins, notamment de dauphins, comme en témoignent les observations réalisées par l’observatoire PELAGIS à La Rochelle.[3]

Une zone protégée enfin… protégée

Dans sa contribution, BLOOM dénonçait par ailleurs le non-sens persistant que représentait l’autorisation de la pêche au chalut pélagique dans une zone Natura 2000. Ces zones ont en effet vocation à « protéger un certain nombre d’habitats et d’espèces représentatifs de la biodiversité européenne ».[4] Alors que l’efficacité de ces espaces est plus que remis en question au niveau européen,[5] la France montre enfin, un peu, l’exemple en prenant une mesure forte bien que très localisée de conservation des écosystèmes marins. L’opinion publique étant désormais extrêmement sensible aux enjeux environnementaux, la reconduction de ces autorisations eut été incompréhensible.

Notes et références

[1] Selon les chiffres de la préfecture de la région Nouvelle-Aquitaine, plus de 4300 contributions, majoritairement favorables à l’interdiction de cette pratique, ont été envoyées : http://www.prefectures-regions.gouv.fr/nouvelle-aquitaine/Documents-publications/Salle-de-presse/Communiques-et-dossiers-de-presse/Fin-de-la-peche-au-chalut-pelagique-sur-le-plateau-de-Rochebonne.

[2] https://wwz.ifremer.fr/peche/FAQ/FAQ/La-peche-en-periode-de-reproduction-est-elle-compatible-avec-une-peche-durable

[3] http://observatoire-pelagis.cnrs.fr/actualites-240/actualites/Situation-proccupante-dauphins?lang=fr

[4] https://www.natura2000.fr/natura-2000/qu-est-ce-que-natura-2000.

[5] Dureuil et al. (2018) Elevated trawling inside protected areas undermines conservation outcomes in a global fishing hot 5spot, Science 362(6421) 1403-1407.

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