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Hollande – Cuvillier, un couple fatal à la biodiversité

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Frédéric Cuvillier vient d’être reconduit aux Transports, à la Mer et à la Pêche, non plus comme ministre délégué mais comme secrétaire d’Etat. Cette décision montre combien le remaniement de François Hollande est une chimère et confirme à quel point le Président est prêt à trahir sa parole et ses engagements en matière d’environnement.

 

Frédéric Cuvillier fait état d’un bilan écologique désastreux en matière de biodiversité marine. Alors que 62% des stocks de poissons en Atlantique et 89% des stocks de Méditerranée sont encore surexploités ou en limite maximale d’exploitation, alors qu’au cours des seules dix dernières années, plus de 20% des emplois de marins pêcheurs ont été perdus en raison de la mauvaise gestion de ce secteur, Frédéric Cuvillier a continué à appliquer les recettes court-termistes dictées par un secteur aux abois et contribué à enfoncer le secteur de la pêche dans une crise irréversible. 

 

Jamais les flottes industrielles n’ont disposé d’un ministre aussi dévoué à leur cause : il a plaidé avec force contre la fin des rejets dans les pêches, ne s’est rallié que sous la contrainte au compromis trouvé par d’autres Etats-membres de l’UE pour la réforme de la Politique commune des pêches, entamant ainsi le crédit politique de la France au sein de l’Union. Il s’est battu pour obtenir une augmentation des quotas d’espèces profondes, bien que cela menât à la destruction des écosystèmes marins les plus vulnérables et à l’augmentation de captures d’espèces menacées d’extinction comme les requins profonds.

 

Frédéric Cuvillier a également décidé de ne pas rendre public le rapport de la Cour des Comptes sur les aides d’Etat à la pêche, finalement révélé par Le Nouvel Observateur qui lui aurait dicté une toute autre ligne de conduite pendant le processus de réforme de la PCP. C’est encore lui qui est à l’origine du blocage entêté et injustifiable de la France sur la réforme du règlement encadrant les pêches en eaux profondes.

 

« La gestion des affaires publiques de Frédéric Cuvillier en matière de pêche est irrationnelle du point de vue scientifique, économique et écologique, elle ne prend sens qu’à la lumière de ses intérêts personnels puisqu’il existe encore aujourd’hui un navire à Boulogne-sur-Mer qui pêche un quart de son temps en eaux profondes. Si les crimes contre l’environnement sont un jour pénalisés, les individus de son acabit politique auront du souci à se faire » assénait Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.

 

Malgré une pétition signée par plus de 840 000 Français ce qui en fait la pétition environnementale la plus signée de l’Histoire de France, et malgré l’engagement d’Intermarché de ne plus chaluter par plus de 800 mètres de fond, la France continue à bloquer tout progrès sur l’interdiction du chalutage profond, bien que cette méthode de pêche soit reconnue par les chercheurs comme étant la plus destructrice de toutes.

 

Les citoyens qui ont partagé près de 400 000 fois sur Facebook la planche illustrée de Pénélope Bagieu sur ce drame écologique ont été amèrement déçus par l’attitude dédaigneuse de l’ancien ministre délégué à la pêche à leur égard : ainsi la volonté de 73% des Français (sondage BLOOM/BVA février 2014) de voir M. Hollande soutenir la proposition européenne d’interdire cette méthode de pêche n’a-t-elle pas été entendue, ni même mentionnée. Alors que l’engagement avait été pris au cours de la Conférence_environnementale_de septembre 2013, celle-ci a été communiquée à la Présidence du Conseil sans que les avis des ONG soient pris en compte, en flagrant mépris des processus de démocratie participative mis en place par M. Hollande.

 

Par le truchement de Frédéric Cuvillier, la France porte l’entière responsabilité de l’échec de la réforme du règlement pêche profonde alors que le Conseil échoue à discuter du dossier depuis près de deux ans.

Les ONG espéraient qu’un personnage politique aussi puissant que Mme Royal au Ministère de l’écologie permettrait de redresser le bilan environnemental désastreux du governement Hollande en matière de biodiversité marine. « Espérons que Mme Royal n’ait pas encore pris la mesure de l’attitude anti-environnement et anti-démocratique de M. Cuvillier et qu’elle saura imposer une vision plus ambitieuse dans les semaines qui viennent » concluait Claire Nouvian.

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