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Fin de la compartimentation pour le label MSC

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Trois années ! C’est le temps qu’il aura fallu pour faire entendre raison au label de (soi-disant)[1] « pêche durable » MSC (Marine Stewardship Council) et enfin obtenir la suppression de l’une des nombreuses aberrations de son cahier des charges : la compartimentation. Depuis janvier 2017, BLOOM demandait ­au MSC — aux côtés de nombreux partenaires rassemblés à partir d’août 2017 sous la bannière On The Hook — de retirer la possibilité offerte aux organismes de certification comme Bureau Veritas, MRAG Americas etc. de « compartimenter » les activités de pêche lors du processus d’évaluation. C’est chose faite !

Qu’est-ce que la compartimentation ?

Il s’agit de la séparation arbitraire des activités de pêche sur un même bateau, lors d’une même campagne de pêche, pour cibler la même espèce avec le même engin. En d’autres termes, ce qui était pêché le matin pouvait être certifié, mais pas ce qui était pêché l’après-midi.

Le cas le plus connu de compartimentation concerne la plus grande pêcherie de thon au monde, dans le Pacifique Ouest, où près de 1,5 millions de tonnes de thons sont pêchées chaque année, soit sous forme de « bancs libres » (agrégés naturellement), soit sous forme de bancs associés à des « dispositifs de concentration de poissons » (DCP). Alors que les bancs libres sont homogènes et que leur capture ne génère donc que très peu des prises accidentelles d’espèces rejetées mortes à la mer, ce n’est pas du tout le cas du thon pêché sous DCP : de très nombreux juvéniles, mais aussi des espèces non commercialisées comme les marlins, les balistes océaniques, de nombreux requins etc. périssent à cause de l’utilisation de ces dispositifs.

Il est donc absurde de valoriser la première pratique, alors que les deux se pratiquent en parallèle, de manière opportuniste au sein d’une même journée de pêche par le même bateau.

> En savoir plus sur la compartimentation et ses potentielles implications pour la faune marine

Une avancée nécessaire

Pour en arriver là, il aura fallu de nombreuses étapes et surtout beaucoup de pugnacité aux membres de la coalition On The Hook. De très nombreuses lettres officielles, réponses, et relances avec le MSC, des ateliers organisés avec les parties prenantes, des consultations publiques, une audition au Parlement britannique etc. Mais la nouvelle est enfin tombée mi-février : les demandes de On The Hook sont enfin prises en compte et la compartimentation des activités de pêche ne sera bientôt plus possible. Bientôt… car ce changement intervient dans le cadre de la révision du cahier des charges du MSC ; révision qui se déroule jusqu’en 2022.

Un label sans vision

La compartimentation voit sa fin approcher, mais elle n’est malheureusement pas la seule aberration du label MSC, dont les pêcheries portant son logo sont de plus en plus controversées. Souvenez-vous du scandale causé par la certification de la pêcherie d’Empereur — espèce dont la pêche est interdite en Europe — en Nouvelle-Zélande fin 2016, que même Carrefour, pourtant fidèle partenaire du MSC, avait fui comme la peste.

Le MSC vient dont de réaliser une petite avancée, mais le chemin reste encore très long et difficile avant de pouvoir prétendre à une quelconque « pêche durable ».

> Citoyens, choisissez bien votre poisson !

Notes et références

[1] Voir notre page sur les labels trompeurs : www.bloomassociation.org/nos-actions/nos-themes/les-labels-trompeurs/.

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