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86 organisations appellent les ministres européens à respecter l’échéance de 2020 pour mettre fin à la surpêche

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Dans une lettre datée du 6 novembre 2019, BLOOM, aux côtés de 85 organisations environnementales, a demandé à Didier Guillaume, Ministre français de l’Agriculture et de l’Alimentation, et à ses homologues européens de tenir l’échéance de 2020 pour mettre un terme à la surpêche dans les eaux européennes. Les Ministres européens se réuniront en effet le 16 décembre pour décider des quotas de pêche européens en 2020, alors que de nombreux stocks sont encore surexploités malgré les engagements pris en 2013.

Des objectifs clairs

La réforme de la Politique commune de la pêche en 2013 avait fixé un objectif contraignant et fort : exploiter tous les stocks européens à des niveaux durables « d’ici 2015 lorsque cela est possible et, pour tous les stocks, progressivement et par paliers en 2020 au plus tard ».[1]

Afin de mettre en œuvre cette obligation, le Conseil AGRIPÊCHE (rassemblant les ministres européens de la pêche) se réunit chaque année en décembre pour fixer les totaux admissibles de capture, formant la base des quotas nationaux, pour les stocks européens ciblés. Cette année est cruciale car elle représente la dernière possibilité d’atteindre cet objectif.

Une surpêche toujours très présente

Or, les progrès effectués depuis 2013 ont été faibles et le constat dressé par les scientifiques est encore très loin du compte : la synthèse 2019 du Comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP) indique que 41% des stocks étaient toujours surexploités dans l’Atlantique Nord-Est en 2017, et près de 90% en Méditerranée. Ceci s’explique notamment par le fait que les ministres européens ont fixé des quotas bien au-delà des recommandations scientifiques depuis 2014, et donc empêché une exploitation durable des populations de poissons dans les eaux européennes : cette année encore, 42% des quotas ont été fixés au-delà des avis scientifiques.

Les associations environnementales européennes exigent donc de Didier Guillaume et des autres ministres européens qu’ils respectent à la lettre les avis scientifiques.

Comparaison des limites de capture fixées par le Conseil AGRIPÊCHE pour l’Atlantique Nord-Est, la mer Baltique et les stocks d’eau profonde avec les recommandations des scientifiques (2019, Pew Charitable Trusts)

Un manque de transparence néfaste

Par ailleurs, en amont de la réunion du Conseil du 16 décembre prochain, la Médiatrice européenne a demandé de publier davantage d’informations sur les négociations des quotas de pêche entre les ministres à la suite d’une plainte de l’ONG ClientEarth. Ces négociations sont en effet très opaques : les décisions sont prises à huis clos sans justifications fournies lorsque les limites sont fixées au-delà des recommandations scientifiques. Ce manque de transparence est inacceptable dans le cadre de ce processus clé pour la durabilité des pêches et la santé des ressources communes marines.

Mobilisation citoyenne

À l’approche du Conseil de décembre, les associations environnementales recueillent des dizaines de milliers de signatures supplémentaires pour une pétition citoyenne demandant l’atteinte du bon état environnemental et l’exploitation durable de l’océan en 2020, tels que requis par la Politique commune de la pêche et la Directive cadre stratégie pour le milieu marin. Cette pétition sera remise au Conseil des ministres de la pêche en décembre 2019. N’hésitez pas à la signer pour exiger des décideurs européens que les obligations soient respectées afin de garantir un Océan en bonne santé.

> Signez la pétition

[1] Article 2.2 du Règlement n°1380/2013 relatif à la politique commune de la pêche : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32013R1380&from=FR

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