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Subventions européennes : la pêche industrielle n’existe pas

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Le prochain FEAMPA (Fonds européen des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture 2021-2027), adopté le mardi 6 juillet par le Parlement européen, va permettre d’allouer une écrasante partie des 6,1 milliards d’euros de subventions à celle qui n’est pourtant jamais nommée, ni dans les textes de loi, ni dans les discours de ceux et celles qui la défendent : la pêche industrielle, destructrice de l’océan et des emplois.

Ainsi, les architectes et défenseurs de ce FEAMPA n’ont cessé de parler de protection de l’environnement et de préservation de la biodiversité marine. Dans les faits, ils ont décidé de ne pas allouer un seul euro de subventions à la protection, la restauration et la connaissance du milieu marin : l’ensemble des fonds servira à financer la surexploitation de l’océan. Ils n’ont en outre cessé de parler de petite pêche côtière et d’emplois. Dans les faits, toutes les règles et contraintes qui auraient permis un fléchage des subventions vers la petite pêche côtière et évité une captation par les industriels sont théoriques, fantaisistes ou tout simplement inexistantes.

Ce FEAMPA, dans lequel tout le champ lexical de la durabilité et de la préservation de l’océan et des emplois est déployé, est en réalité une vaste supercherie et une victoire cinglante pour les lobbys de la pêche industrielle. Rappelons que la pêche artisanale ne meurt pas par manque de subventions mais parce que l’argent public continue de financer une pêche industrielle pauvre en emplois et destructrice de l’océan. La seule qui ne peut survivre sans des subventions pour financer tous ses artifices technologiques est la pêche industrielle.

La responsabilité des 516 parlementaires ayant voté pour ce FEAMPA et les 35 s’étant abstenus est historique. Il y a bien évidemment ceux dont les liens avec la pêche industrielle ne sont un secret pour personne et qui ont voté en toute connaissance de cause. Et il y a toutes celles et ceux, non spécialistes du secteur de la pêche, qui ont décidé de suivre les directives de leur groupe politique  et d’ignorer les scientifiques et les ONG qui n’ont cessé de les informer sur les conséquences catastrophiques de ce texte. Un tel choix illustre leur aveuglement quant à l’impact de ce fonds : en le considérant uniquement sous le prisme financier – son montant est le plus faible parmi l’ensemble des programmes européens – et non à l’aune de son impact sur l’océan, dont la préservation est primordiale dans la lutte contre le changement climatique, ces parlementaires ont laissé les lobbies industriels décider de l’utilisation de ce fonds.

La pêche industrielle n’existe pas dans les textes législatifs. C’est pourtant elle qui continuera pour l’instant de capter massivement les subventions publiques.

Dans un moment comme celui-ci, notre colère est bien réelle. Mais elle ne nous consumera pas. Elle va nous servir pour sortir de cette logique dans laquelle les lobbys industriels et l’incurie de nombre de parlementaires dictent le rythme des combats. Ensemble, nous sommes en mesure d’ouvrir des horizons enthousiasmants.

Pour en savoir plus : lire notre communiqué de presse

Le vote des députés français au sein du Parlement européen :

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