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Avant un vote du Parlement européen, la tension monte sur la pêche électrique

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La campagne que BLOOM a initiée en Europe contre la pêche électrique le 2 octobre dernier en portant plainte contre les Pays-Bas prend de l’ampleur. Le journal télévisé de France 2 a diffusé hier soir un reportage sur cette méthode de pêche développée par les Néerlandais qui consiste à envoyer un courant électrique dans les fonds marins pour provoquer des convulsions de la faune marine et déloger les poissons du sédiment. Interviewée par France 2, la présidente de BLOOM, Claire Nouvian, enjoint clairement le Parlement européen à ne pas autoriser le « Round Up des océans qu’est la pêche électrique ».

> Voir en rediffusion le sujet du JT de France 2 : « Polémique : faut-il bannir la pêche électrique ? »

Hier, le quotidien Le Monde a également publié une tribune signée de scientifiques et de personnalités politiques appelant l’Europe à « interdire la pêche électrique », alors qu’un vote de la Commission de la pêche du Parlement européen doit déterminer, le 21 novembre prochain, si capturer des poissons à l’aide de courant électrique doit être étendu en Europe.

Officiellement interdite dans l’Union européenne depuis 1998 en raison de sa destructivité, la pêche électrique jouit néanmoins depuis 2007 de dérogations délivrées par la Commission européenne, sous influence des lobbies néerlandais.

La Commission européenne a d’ailleurs préféré ignorer pour l’instant la plainte de BLOOM à propos des licences de pêche électrique illégalement octroyées par les Pays-Bas. Elle n’a pas non plus jugé utile de répondre à la question prioritaire posée par l’eurodéputé EELV Pascal Durand[i] à ce sujet, bien que la Commission soit tenue de répondre à une question « prioritaire » dans un délai de trois semaines suivant son dépôt. La Commission soustrait ainsi du débat public un élément essentiel qui permettrait aux parlementaires européens de comprendre à quel point cette méthode de pêche destructrice, interdite en Chine[ii] comme ailleurs dans le monde, est en plus largement illégale.

Tandis que les industriels néerlandais se réjouissent des économies de carburant que le déploiement d’électrodes à grande échelle permet de réaliser, les pêcheurs artisans du Nord de la France, témoins de la raréfaction des poissons et de la désertification des océans, sont contraints de se déplacer de plus en plus à l’Ouest pour survivre. Exsangues, ils sont prêts à toutes les actions, y compris les blocages de ports, pour empêcher le déploiement de cette méthode funestement efficace.

BLOOM a lancé une pétition adressée aux eurodéputés de la Commission de la pêche pour qu’ils rejettent fermement l’électrocution des poissons et l’anéantissement à moyen terme du secteur de la pêche en Europe. La pêche électrique contredit brutalement l’engagement de l’Europe de « mettre un terme, d’ici à 2020, aux pratiques de pêche destructrices » (Objectif de développement durable 14).

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Claire Nouvian et Frédéric Le Manach, directeur scientifique de BLOOM, seront au Parlement à Bruxelles le 21 novembre pour le vote de la Commission de la pêche.

[i] Question prioritaire n° P-006573/2017 adressée le 19 octobre 2017 à la Commission européenne qui aurait dû répondre au plus tard le 9 novembre.

[ii] Dans les années 1990, la pêche électrique a été pratiquée en Chine et a provoqué un véritable désastre écologique au point d’être interdite en 2000.

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