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Quotas espèces profondes : le ver était dans le fruit

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Le ministre français de la pêche, M. Frédéric Cuvillier se félicite déjà de « résultats positifs » pour les quotas d’espèces profondes : une augmentation de près de 70% pour le sabre noir et le grenadier de roche, c’est-à-dire les principales espèces pêchées par les chalutiers français.
La stratégie politico-scientifique française, en alliance avec les quelques acteurs concernés, particulièrement la flotte d’Intermarché, a payé : bien qu’ils reconnaissent manquer de données élémentaires à propos des stocks exploités (il n’existe toujours pas de certitude quant à la structure génétique du stock de sabre noir par exemple), les avis scientifiques étaient néanmoins extrêmement favorables aux navires français.
Le ministre ne se prive déjà plus de parler de « pêche durable », dans un abus de langage inacceptable pour qualifier des pêches qui mènent à la capture et au rejet de 144 espèces, dont des espèces de requins menacées, pour seulement trois espèces ciblées.
 
L’augmentation des quotas négociée aujourd’hui au Conseil de l’Europe va ainsi mener à une augmentation d’espèces caractérisées par leur extrême vulnérabilité, longévité et faible reproductivité, ainsi qu’à des dommages collatéraux accrus sur les écosystèmes profonds en raison de la méthode de pêche utilisée (le chalut de fond).
 
Il convient donc de saluer un lobbying férocement efficace des armateurs français, en premier lieu Intermarché, déployé avec la bénédiction du ministre lui-même et de quelques élus bretons, mais certainement pas leur respect des écosystèmes marins ni même des Français auxquels ils voudraient maintenant faire croire que la pêche profonde est miraculeusement devenue exemplaire.
 
 

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