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Pêche électrique : le Parlement européen sous haute tension

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Communiqué de presse — Après une suspension de l’activité parlementaire depuis le 15 décembre, la controverse sur la pêche électrique a assuré une rentrée sous tension au Parlement européen. Le Règlement « Mesures Techniques », qui sera voté en Plénière mardi 16 janvier à Strasbourg, comporte des dizaines de mesures nuisibles à la conservation des ressources marines et à la durabilité des activités de pêche, comme la possibilité d’utiliser du courant électrique pour capturer les poissons.

BLOOM organise aujourd’hui un événement sponsorisé par plusieurs groupes politiques (ALDE, CRE, GUE/NGL, S&D et Verts/ALE)[1] au cours duquel plusieurs annonces seront faites, démontrant une forte mobilisation de l’opinion publique et des acteurs professionnels contre la pêche électrique :

Manifeste des Chefs de cuisine contre la pêche électrique

L’association Relais & Châteaux apporte son soutien à la campagne de BLOOM en incitant ses chefs européens à signer aujourd’hui le Manifeste des Chefs de cuisine lancé par BLOOM, sous l’impulsion du Chef Christopher Coutanceau (deux étoiles Michelin). Plus de 170 Chefs ont déjà rejoint le mouvement, dont les prestigieux Olivier Roellinger, Hélène Darroze, Yannick Alléno, Gérald Passédat ou encore François Pasteau.

La grande distribution s’engage

Franck Aubry, Responsable qualité et développement durable, du groupe Intermarché Agromousquetaires vient témoigner au Parlement de l’engagement des Mousquetaires contre la pêche électrique.

Aujourd’hui, l’enseigne britannique de supermarchés Waitrose rendra également publique sa position sur le sujet : « Depuis plus de 20 ans, Waitrose est un pionnier de l’approvisionnement responsable en poissons dans ses supermarchés. Nous sommes fiers du travail que nous avons accompli dans ce domaine. Étant donné ses engagements envers les pratiques durables, Waitrose s’engage à ne pas s’approvisionner en poissons pêchés à l’aide de chaluts électriques« .

Les citoyens sont opposés à la pêche électrique

BLOOM révèle aujourd’hui les résultats d’un sondage commandé à l’agence Kantar Public Brussels en fin d’année 2017 en Espagne, Allemagne, Italie et aux Pays-Bas, le fief de la pêche électrique. Le but de ce sondage était de connaître les différences de perception de la pêche électrique entre les citoyens de différents États européens. Les résultats sont clairs : les citoyens européens sont largement opposés à l’usage de courant électrique dans la pêche.

Une partie des répondants n’avait pas d’opinion. Parmi ceux ayant un avis sur le sujet, les réponses sont données-ci dessous :

A la question, « La pêche électrique doit-t-elle être interdite en Europe ? » :

Sondage pêche électrique BLOOM

A la question « Achèteriez-vous du poisson pêché à l’électricité ? » :

Sondage BLOOM Pêche électrique

Intellectuels et pêcheurs prennent position

Lire la tribune du philosophe Dominique Lestel, publiée dans Libération le 9 janvier, qui rappelle que la pêche électrique est le signe d’un effondrement éthique de notre civilisation http://www.liberation.fr/debats/2018/01/08/methode-electrique-peches-barbares_1621082

Lire l’éditorial en ligne de l’un des plus grands écrivains espagnols contemporains Manuel Rivas, parue le 7 janvier.

Les pêcheurs espagnols apportent leur soutien aux pêcheurs artisans de la mer du Nord dans une position catégorique exprimée le 9 janvier 2018.

À moins d’un revirement de dernière minute, le vote en Plénière aura lieu le 16 janvier prochain à Strasbourg. Alertés par BLOOM sur les ravages socio-économiques et écologiques de la pêche électrique, les députés commencent à se mobiliser fortement pour défendre les intérêts de la pêche artisanale et l’avenir de l’océan contre les abus de la pêche industrielle.

Alors que des députés EELV, France Insoumise et la délégation socialiste du Parlement avaient déjà exprimé avant noël leur position pour une interdiction totale de la pêche électrique, la délégation française ALDE[2] a annoncé hier s’y opposer fermement (https://twitter.com/les_europeens?lang=fr)

La date butoir pour déposer les amendements est fixée aujourd’hui à 13h. Alors que l’ensemble des amendements déposés par les 751 députés ne sera connu que dans plusieurs jours, nous savons d’ores et déjà que les députés auront à choisir au minimum entre trois options :

  • Un amendement d’interdiction totale de la pêche électrique déposé par les députés Yannick Jadot (Verts/ALE), Isabelle Thomas (S&D), Younous Omarjee (GUE/NGL) et cosigné par des membres de divers partis (EFDD, ECR et peut-être PPE).
  • Un amendement d’extension de la pêche électrique, défendu par le rapporteur du Règlement l’Espagnol PPE Gabriel Mato, et correspond au compromis voté le 21 novembre 2017 en Commission de la pêche du Parlement. Cet amendement reflète la volonté des lobbies industriels néerlandais et rend possible une ouverture à la généralisation de la pêche électrique en Europe (voir notre analyse du vote) ;
  • Un amendement de statu quo équivalant à conserver le régime dérogatoire actuellement en vigueur[3], déposé par le député français PPE Alain Cadec dans l’hypothèse où l’amendement d’interdiction était rejeté. M. Cadec a toutefois précisé qu’il voterait en faveur d’une interdiction totale de la pêche électrique et donnerait la consigne à ses collègues de faire de même. Tous les espoirs sont donc permis que le Parlement européen rejette, mardi prochain, le principe destructeur d’utiliser du courant électrique pour capturer des poissons.

Face à des options aussi variées, l’ordre dans lequel les amendements seront votés va déterminer les chances de succès des mesures proposées. La règle veut que l’amendement le plus éloigné du texte originel, donc l’amendement d’interdiction totale, soit voté en premier.

 

Pour aller plus loin

Lire notre plaidoyer co-signé par 17 ONG et associations de pêcheurs.

Lire le Communiqué de presse qui révèle le scandale de 2006 concernant la décision de la Commission de délivrer des dérogation contre l’avis des experts scientifiques.

Mobilisation de la grande distribution

Le 1er décembre, le groupe Mericq spécialisé dans l’approvisionnement des produits de la mer s’est engagé à se fournir uniquement en poisson issu de la pêche traditionnelle. Le groupe s’approvisionne, transforme et distribue des produits de la mer tout en étant soucieux du savoir-faire traditionnelle.

Le 4 décembre, Poissonnier de France – l’association qui regroupe 6 400 acteurs de la filière marée reconnus pour leur savoir-faire et leur passion – a publié un communiqué officiel contre la pêche électrique et annoncé un boycott des poissons en provenance des Pays-Bas.

Le 5 décembre, c’est au tour du groupe Intermarché Agromousquetaires de demander un moratoire sur la pêche électrique.

Pétition

BLOOM a lancé une vaste pétition européenne demandant aux eurodéputés de tenir compte de la demande des pêcheurs artisans et d’interdire définitivement la pêche électrique en Europe.

Mobilisation politique transpartisane

Le 19 octobre 2017, Pascal Durand (eurodéputé EELV) dépose une question prioritaire à la Commissionpour obtenir un éclaircissement rapide quant aux problèmes de licences illégales.

Le 8 novembre 2017Paul Christophe (député Les Constructifs) demande à Stéphane Travert, Ministre de l’agriculture et de la pêche, quelle position défendra la France face au lobbying néerlandais.

Le 14 novembre 2017, lors d’un débat parlementaire à Westminster, l’ancien ministre des pêches britannique Richard Benyon (Conservative Party) exhorte le Royaume-Uni « pour les derniers mois qu’il nous reste à passer dans l’UE », à s’assurer que la pêche électrique soit interdite.

Le 15 novembre 2017, scientifiques et personnalités politiques publient une tribune dans Le Monde appelant l’Europe à « interdire la pêche électrique ».

Le 24 novembre 2017, Erwan Balanant (député LREM) affirme son opposition à la pêche électrique dans un communiqué.

Le 29 novembre 2017Joachim Son-Forget (député LREM) demande au Ministre Stéphane Travert, comment la France compte porter sa voix au Conseil pour faire interdire la pêche électrique.

Le 5 décembre 2017Erwan Balanant pose une question écrite et demande « si la France va s’opposer totalement à la pêche électrique, y compris à la tolérance injustifiée et arbitraire des 5 % accordés arbitrairement par la Commission européenne. »

Le 7 décembre 2017, François Ruffin (député La France Insoumise) apporte son soutien aux pêcheurs artisans des Hauts-de-France et s’exprime sur les problèmes sociaux et environnementaux provoqués par la pêche électrique.

Le 13 décembre 2017Adrien Quatennens (député La France Insoumise) pose une question concernant la position de la France à Stéphane Travert.

Le 18 décembre 2017, les délégations socialistes du Parlement européen et de l’Assemblée nationale appellent à l’interdiction définitive de la pêche électrique en Europe dans un communiqué de presse, repris par Sylvie Guillaume sur son site internet.

Le 19 décembre 2017, Younous Omarjee (eurodéputé La France Insoumise) soutient l’interdiction de la pêche électrique dans une vidéo publiée sur Facebook et sur Youtube

Le 25 décembre 2017, Jean-Luc Mélenchon rédige une tribune sur la pêche électrique et appelle à son interdiction.

Le 26 décembre 2017Jean-Luc Mélenchon pose une question écrite à l’Assemblée nationale afin de« savoir si le Gouvernement s’opposera à l’ouverture de la pêche électrique en France. »

[1] Correspondances entre groupes européens et français : ALDE = Générations Citoyens, MoDem, Parti Radical, UDI ; CRE = néant ; GUE/NGL = Front de Gauche, L’Union pour les Outremer ; S&D = Parti Radical de Gauche, Parti socialiste ; Verts/ALE = Europe Écologie.

[2] Composée des groupes MODEM, UDI, Génération Citoyens, Parti Radical

[3] 5% des flottes de chaluts à perche peuvent être équipés d’électrodes dans chaque Etat membre.

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