Requins

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Alors que les requins jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes marins, leur population a été gravement affectée par la pêche industrielle en l’espace de quelques années seulement. Selon une étude réalisée par le Groupe de spécialistes des requins de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) datant du 21 janvier 2014, 29% des 256 espèces de requins évaluées sont menacées (11 en danger critique d’extinction, 15 en danger d’extinction et 48 en état de vulnérabilité) tandis que 26% d’entre elles risquent de le devenir. Du fait de leurs caractéristiques biologiques (longévité extrême, croissance lente et fécondité faible), les requins d’eau profonde sont particulièrement vulnérables à la surpêche. BLOOM s’inquiète de la dégradation de l’état de conservation de ces requins. Pour renverser la tendance actuelle, elle concentre son action sur les principaux facteurs qui menacent leur existence.

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Lire l’étude de l’UICN sur le risque d’extinction des requins et des raies dans le monde 

Le « shark finning », ou « aileronnage » (découpe des ailerons)

Qu’est ce que le « shark finning » ?

Le « shark finning » est une pratique qui consiste à découper les ailerons de requins en raison de leur forte valeur commerciale. Estropiés, les requins sont rejetés le plus souvent vivants dans l’océan. Les ailerons de requins sont principalement destinés à la confection d’une soupe traditionnelle de la culture asiatique.

Informations tirées d’un document de l’UICN « Shark finning » (juin 2003)  :

« La découpe des ailerons de requins et le rejet des corps constituent un gaspillage en protéines et autres produits dérivés de requins, utilisant seulement 2 à 5% du requin pour rejeter tout le reste. Cette pratique menace de nombreux stocks de requins, la stabilité des écosystèmes marins, des pêcheries traditionnelles durables et des pêcheries de plaisance importantes sur le plan socio-économique. […] Il est clair que l’interdiction de la découpe d’ailerons de requins dans les océans du monde entier et les hautes mers générerait beaucoup d’avantages. Cela favoriserait la gestion durable des stocks de requins par les flottes de pêche industrielles, la subsistance et les pêcheries de plaisance, l’entretien des fonctions des écosystèmes marins et la protection des espèces menacées. Plusieurs pays parmi les plus grands pêcheurs de requins (Brésil, Afrique du Sud, États-Unis, Oman, la plupart des États fédérés d’Australie et le Costa Rica) ont interdit la conservation d’ailerons sans les corps de requins correspondants. L’Union Européenne est actuellement dans la phase finale de rédaction de nouveaux règlements destinés à interdire la découpe des ailerons afin de protéger les stocks de requins épuisés et sérieusement menacés par l’excessive mortalité résultant de cette pratique. Une fois adoptée, cette interdiction s’appliquera sur les eaux de toute la communauté européenne et tous les navires européens. […]La meilleure façon de mettre en œuvre l’interdiction est d’exiger que les carcasses de requins soient débarquées avec leurs ailerons attachés, la possession d’ailerons séparés du corps représentant une infraction. » 

Lire le document de l’UICN sur le « shark finning » dans son intégralité (anglais)

La réglementation européenne sur le « shark finning »

Le 6 juin 2013 : ENFIN LA VICTOIRE POUR LES REQUINS… Après DIX ANS de négociations, la découpe des ailerons est ENFIN interdite en Europe !

Une décennie pour en arriver là… Retour sur ce chemin de croix :

En 2003, un règlement européen a été adopté sur le « finning », la pratique de découpe des ailerons de requins à bord des navires. Le document laisse un vide juridique permettant aux bateaux possédant un « permis spécial » de pratiquer le finning à bord du navire. Aujourd’hui, environ 200 permis spéciaux sont accordés à l’Espagne et au Portugal.

En 2006, le Parlement européen demande le renforcement de l’interdiction du finning.

En 2009, la Commission européenne s’y engage dans le cadre du plan d’action en faveur des requins.

En 2010, le Parlement européen approuve une résolution soutenue par 423 députés européens demandant à la Commission de proposer la fin du finning.

En janvier 2011, la Commission européenne lance une consultation publique sur le règlement du « finning ». Le document offre trois options :

1. Le statu quo

2. Une réduction du ratio entre aileron et carcasse (actuellement 5% du poids total vivant et non du poids « habillé » (étêté, éviscéré), ce qui permet un fort taux de triche, de l’ordre de 2 requins sur

3. Cette option 2 permet aussi des autorisations spéciales pour débarquer les ailerons et les carcasses dans des ports différents.3. Un règlement « fins on », avec les ailerons encore naturellement attachés à la carcasse.

BLOOM soumet sa contribution en soutenant le scénario n°3 qui sera repris par la Commission européenne et qui est actuellement débattu au Parlement européen.

En novembre 2011, la Commission européenne sort sa proposition de règlement sur le finning et se range à l’option 3, c’est-à-dire que les ailerons doivent être naturellement attachés à la carcasse, la seule façon d’uniformiser le droit européen et d’interdire la fraude induite par les permis spéciaux.

En mars 2012, le règlement est enfin débattu au Comité de la Pêche du Parlement européen. L’Espagne et le Portugal combattent férocement la proposition de la Commission. Le vote est néanmoins clairement en faveur de la fin des pratiques de découpe des ailerons en mer.

Le 19 septembre 2012, le règlement est voté en Commission PECH. L’élue socialiste Isabelle Thomas vote avec la rapporteur PPE Mme Patrao-Neves pour qu’on puisse continuer à découper les ailerons de requins à bord des navires ! Voir le communiqué de Shark Alliance sur les résultats du vote.

Le 23 novembre 2012, le règlement est voté en session plénière du Parlement européen à Strasbourg. Un immense succès avec 566 votes pour et seulement 47 votes contre.

Le 6 juin 2013, le Conseil des ministres européens adopte le règlement interdisant la découpe des ailerons de requins dans l’Union Européenne.

Lire le règlement No 605/2013 du 12 juin 2013 entré en vigueur le 6 juillet 2013

Rapport de la Commission européenne au Parlement et au Conseil le 15 avril 2016

A la suite de l’adoption du règlement européen n° 605/2013, la Commission produit un rapport sur les pratiques qui subsisteraient ou non de shark finning en Europe.

La campagne requins à Hong Kong

Chronologie de la campagne contre la soupe d’ailerons de requins

Juin 2009 : BLOOM ouvre un bureau à Hong Kong.

2010-2011 : réalisation d’une étude approfondie de la consommation de requins à Hong Kong, en collaboration avec l’Université de Hong Kong.

Avril 2011 : Publication de la synthèse des résultats avec le soutien graphique et créatif de TBWA (lire l’étude Survey on shark consumption habits and attitudes in Hong-Kong_April 2011).

Mi-2010 : début du lobbying de BLOOM auprès des chaînes d’hôtels, notamment le PENINSULA. Il en résulte que :

-Le BUTTERFIELDS CLUB (appartient au Peninsula) cesse entièrement de servir des requins en octobre 2011.

-Le HONG KONG BANKERS CLUB (appartient au Peninsula) cesse toutes les ventes en mars 2011.

-21 novembre 2011, la chaîne hôtelière de luxe PENINSULA annonce que l’ensemble de ses établissements ne servirait plus de soupe aux ailerons de requins à partir de janvier 2012.

-10 janvier 2012, BLOOM HK réunit les grandes chaînes hôtelières dans une réunion au Grand Hyatt pour parler de politiques d’approvisionnement durable en produits de la mer et spécifiquement en requins.

-17 janvier 2012, la chaîne hôtelière de luxe SHANGRI-LA annonce à son tour cesser immédiatement de servir des soupes aux ailerons de requins.

-27 janvier 2012, la chaîne SINO GROUP OF HOTELS (qui regroupe Hong Kong Gold Coast Hotel, The Royal Pacific Hotel, City Garden Hotel and Island Pacific Hotel) cesse immédiatement de servir des soupes d’ailerons de requins ou tout produit issu de requins.

Pour en savoir plus sur l’action de BLOOM à Hong-Kong

Le secteur cosmétique responsable de l’extinction de requins profonds

Outre la pratique du « shark finning », une étude de BLOOM a révélé la responsabilité du secteur cosmétique dans l’extinction de requins profonds. En effet, l’industrie de la beauté est la première consommatrice de squalane, substance hydratante non grasse idéale pour la formulation de crème mais en grande partie conçue à partir de l’huile de foie de requins profonds dont certains sont menacés d’extinction selon la liste rouge de l’UICN (squale chagrin commun, squale chagrin d’Atlantique, squale chagrin à longue dorsale, etc). L’étude de BLOOM estime qu’environ 90 % de la production mondiale d’huile de foie de requin est destinée à la production de squalane pour le secteur cosmétique, ce qui correspond à la capture de plus de 2,7 millions de requins profonds chaque année. Quand bien même le secteur cosmétique opterait pour insérer dans la formule de ses crèmes du squalane d’origine végétale, les pratiques de fraude sur l’origine de ce produit annule cette louable intention : le renforcement des contrôles est donc une absolue nécessité. Afin que les consommateurs soucieux de l’environnement puissent prendre soin de leur peau sans remords, BLOOM a émis de multiples recommandations parmi lesquelles figure une mesure visant à préciser l’origine animale ou végétale du « squalane ». La solution majeure demeurant bien évidemment l’exclusion définitive du squalane animal dans la confection des crèmes.

Lire le communiqué de BLOOM

Lire l’étude « Le prix hideux de la beauté. Une enquête sur le marché de l’huile de foie de requin profond »

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