Impact sur les pêcheurs

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Une recherche claire mais  une quantification quasi-inexistante…

Le lobby néerlandais affirme qu’il n’y a aucune preuve que la pêche électrique est mauvaise pour l’écosystème marin. En réalité, il y a suffisamment de données empiriques pour que cette méthode de pêche soit déjà interdite dans de nombreux pays, y compris la Chine, les États-Unis et le Brésil.

Mais en effet, il existe peu de données quantifiées, principalement parce que l’institut de recherche néerlandais IMARES est quasiment le seul à étudier les impacts de cette pratique. Le problème est que cette recherche est financée par les industriels néerlandais et le Ministère des affaires économiques qui, lui-même, produit lui-même des éléments de promotion de la pêche électrique (voir par exemple le site internet de propagande pulsefishing.eu). Au final, il y a donc très peu d’études sur les impacts biologiques de la pêche électrique.

… mais une montagne de preuves empiriques en mer du Nord

Un chalutier pratiquant la pêche électrique en Mer du Nord

Un chalutier pratiquant la pêche électrique en Mer du Nord

Bien que les industriels néerlandais affirment que la pêche électrique ne soit combattue que par des »pêcheurs français jaloux », les pêcheurs artisans en Belgique, au Royaume-Uni, en France et aux Pays-Bas dénoncent unanimement ses impacts catastrophiques sur le milieu marin. Ils témoignent de la dégradation rapide de leurs zones de pêche et de l’épuisement des ressources halieutiques. Tous dénoncent leur incapacité à maintenir leurs activités. Pour eux, la véritable exception est celle qui permet aux Pays-Bas d’opérer illégalement en regard de la législation européenne, tout en détruisant leurs moyens de subsistance.

Au Royaume-Uni

Les pêcheurs britanniques de la côte Est ont vivement critiqué les industriels néerlandais lors d’une réunion organisée par Seafish à Londres le 16 novembre 2017 :

June Mummery, directrice de BFP Fish Selling Company à Lowestoft (s’adressant à l’institut de recherche britannique CEFAS) : « voyez ce qui se passe ici : nous n’avons pêché aucun cabillaud ni sole les trois dernières années. Il n’y a plus rien parce que les Néerlandais sont venus dans notre jardin et ont tout pris. Du nord au sud, du sud au nord, toute l’année, ils ont tout détruit. […] Qu’avez-vous fait ces dix dernières années pour arrêter ou même étudier cela ? »

Paul Lines, pêcheur à Lowestoft: « Quand nous pêchons en dehors de la zone des 12 milles nautiques, c’est un désert. Tout est parti, il n’y a même plus de gastéropode. Tout a été anéanti et dépasser 12 milles nautiques est une perte de temps« .

 —> Écoutez le pêcheur Paul Lines exprimer son désarroi sur la BBC (à partir de 36′)

En Belgique

Koen de Bièvre, membre du conseil d’administration du club néerlandais de pêche sportive « Deltavissers » : « Nous sommes un groupe de pêcheurs très inquiets, professionnels et amateurs, des quatre pays limitrophes du sud de la mer du Nord. Entre la frontière française et le 54e parallèle, il n’y a plus aucun poisson à attraper, les épaves sont vides, le poisson est parti ».

En France

Les pêcheurs français de Dunkerque indiquent qu’ils doivent maintenant redéployer leurs bateaux plus de 100km au sud, à Dieppe, afin d’espérer capturer du poisson. Beaucoup d’entre eux ont déjà fait faillite ou envisagent d’arrêter leur activité.

Témoignages régionaux

La plateforme LIFE (pêcheurs artisans d’Europe) a publié des témoignages de pêcheurs néerlandais, belges, britanniques et français en septembre 2017. Selon Marc Dezutter (Belgique), « l’efficacité de la pêche électrique est ultime. Tellement efficace et meurtrière que tous les stocks seront affectés jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un désert« . LIFE a également envoyé une lettre ouverte à chaque député du Comité PECH avant le vote du 21 novembre pour les exhorter à voter contre la levée des restrictions concernant la pêche électrique.

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