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Les Ministres européens de la pêche ne doivent pas répéter les erreurs du passé sur les quotas d’espèces profondes

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La Commission européenne vient de publier sa proposition sur les quotas de pêche pour les stocks de poissons d’eaux profondes pour la période 2015-2016[1]. La pêche profonde est réglementée au niveau européen depuis 2003 et des quotas pour les espèces d’eaux profondes sont décidés tous les deux ans par le Conseil des Ministres de la pêche. Mais depuis sa mise en œuvre, le règlement encadrant la pêche profonde, y compris la mise en place de quotas, s’est avéré insuffisant pour réduire l’épuisement continu des stocks de poissons profonds et la destruction d’écosystèmes longévives et vulnérables dans les eaux profondes européennes.

La dernière négociation en novembre 2012 a mené à une augmentation spectaculaire (+70%) des quotas pour certaines espèces profondes, notamment celles ciblées par les navires français. BLOOM avait révélé l’arnaque politico-scientifique qui avait conduit à cette décision[2]. Les organes scientifiques qui conseillent les institutions européennes ont depuis également reconnu l’illégitimité à évaluer comme scientifiquement bien connus des stocks de poissons d’eaux profondes pour lesquels on manque cruellement de données scientifiques élémentaires. Ils  ont également réaffirmé la nécessité d’appliquer une approche de précaution pour les espèces d’eaux profondes ayant une longue durée de vie et une faible productivité biologique.

Même l’organisme scientifique qui conseille la Commission européenne, le CSTEP (Comité Scientifique, Technique et Économique de la Pêche), avertit que le niveau d’exploitation actuel ne permettra pas la reconstitution des biomasses de certains stocks de poissons profonds et conseille donc de réduire les captures par rapport aux niveaux antérieurs.

BLOOM a analysé les avis scientifiques et extrait les avertissements formulés par les chercheurs dans une analyse que l’on peut lire ici :

http://www.bloomassociation.org/la-position-de-bloom-en-reponse-a-la-consultation-publique-de-la-commission-europeenne-sur-les-tacs-et-quotas-especes-profondes/

«Nous demandons aux Ministres européens de la pêche et plus particulièrement au Secrétaire d’État à la pêche Alain Vidalies de respecter strictement le principe de précaution lorsqu’ils décideront des quotas de pêche pour les espèces profondes. Seuls 26 stocks sont actuellement sous quotas alors que 22 autres espèces profondes ne sont pas réglementées. Au total, plus de 100 espèces sont capturées puis rejetées par la pêche au chalut de fond dans l’Atlantique Nord-Est. Réduire de manière systématique le total admissible des captures d’espèces profondes dans le respect du principe de précaution est le seul moyen de reconstituer les stocks de poissons profonds», a déclaré Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.

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La Commission européenne propose une réduction de quotas pour le sabre noir et le grenadier de roche mais attend les avis scientifiques pour la lingue bleue et les requins profonds.

[1] http://europa.eu/rapid/press-release_IP-14-1084_fr.htm

[2]http://www.bloomassociation.org/lifremer-retire-sa-caution-scientifique-aux-lobbies-de-la-peche-profonde/

http://www.bloomassociation.org/download/2012_Communique_BLOOM_28%20nov_VF.pdf

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Ajout : pour connaître les résultats de la décision du Conseil des ministres du 10 novembre 2014 sur les quotas de pêche d’espèces profondes pour 2015-2016, lire l’actu de BLOOM ici.

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