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La « vérité » d’Intermarché sur la pêche profonde… Et celle de Monsanto sur les OGM aussi ?

 communiqué de BLOOM et d’Oceana

Alors que la mobilisation exceptionnelle des Français contre la pêche profonde destructrice, notamment celle d’Intermarché, grossit à chaque instant (plus de 410 000 signataires à la pétition de BLOOM), la flotte des Mousquetaires basée à Lorient, la Scapêche, déploie aujourd’hui ce qu’elle sait faire de mieux : une opération de communication, en invitant tous les médias locaux et nationaux à une « journée vérité sur la pêche profonde ».

 

Le titre caricatural de cet événement est une réminiscence des grandes entreprises de fabrication du mensonge industriel telles qu’elles ont été décrites dans de brillants ouvrages[1]. Les arguments qu’Intermarché va faire valoir sont bien connus des ONG qui les entendent depuis précisément cinq ans (Grenelle de la Mer). C’est alors que ces dernières avaient découvert puis dénoncé publiquement la complaisance du rapporteur de la mission « pêche profonde », l’halieute de l’Ifremer Alain Biseau, et sa collusion avec le secteur industriel de la pêche. C’est lui qui officiera au nom de « la science » aujourd’hui.

 

Ses méthodes de travail (éviction des données gênantes, absence totale de références scientifiques), sévèrement épinglées par les relecteurs du rapport très orienté qu’il avait produit en 2010, se reconnaissent dans un papier de position politique posté sur le site de l’Ifremer[2] qui sert de mince (très mince) caution « scientifique » aux armements industriels de pêche profonde et à leurs défenseurs politiques. Ces arguments ont été démontés dans la revue scientifique internationale NATURE :  Nature Sept 13 – Les Watling.

 

Le positionnement d’une poignée de chercheurs de la station de technique des pêches de l’Ifremer à Lorient est en directe contradiction avec plus de 70 publications scientifiques internationales montrant la destructivité des chaluts profonds (pas une publication qui tende à prouver le contraire en revanche) et s’inscrit contre la mobilisation de plus de 300 chercheurs soutenant la proposition d’interdiction du chalutage profond par la Commission européenne.

 

Le dernier joker des pêches profondes ? Le chantage à l’emploi. Pour agiter une fausse menace d’impact social, rien de tel que de commencer par faire croire que la Commission européenne vise à interdire toute la pêche en eaux profondes. Or celle-ci a spécifié explicitement qu’elle ne souhaitait pas interdire la pêche profonde mais simplement éliminer les méthodes de pêche les plus destructrices : les filets maillants de fond (déjà interdits en Europe mais de façon provisoire) et le chalutage profond (déjà interdit aux Açores, à Madère, aux Canaries et dans tout l’Océan Austral).

 

Ensuite, il ne reste plus qu’à trafiquer les chiffres du nombre d’emplois concernés. Pour cela, la machine politique lorientaise, appuyée par (et finançant sans doute aussi) le lobby des industriels (l’association BlueFish) a déployé une séquence parfaitement orchestrée et produit des chiffres fantastiques, indéfendables et dont la méthodologie pour les obtenir est « confidentielle » (voir la réponse à notre demande du cabinet PwC : Réponse PWC_Mars2013).

En réalité, si les flottes acceptaient de se convertir à la palangre, comme la Commission européenne le propose, ils opteraient pour un engin de pêche qui génère six fois plus d’emplois que le chalutage profond. C’est ce qu’a révélé une nouvelle étude de la New Economics Foundation (http://www.bloomassociation.org/la-new-economics-foundation-publie-un-dossier-complet-sur-la-peche-en-eaux-profondes/).

 

Cette même étude a calculé la perte nette pour la société des captures d’espèces profondes : pour 1 euro investi dans les pêches profondes, la société ne récupère que 79 à 82 centimes. Cette estimation des pertes ne tient pas compte de la destruction, inchiffrable, des écosystèmes marins et de la biodiversité.

 

Les ONG proposent aux journalistes participant au voyage de presse de la Scapêche de répondre à leurs questions toute la journée ainsi que dans les jours à venir. Une « hotline » d’ONG et de chercheurs est à votre disposition :

 

Hotline ONG / Chercheurs

 

BLOOM – Claire Nouvian

OCEANA – Javier Lopez

SEAS AT RISK – Björn Stockhausen

DSCC (Deep Sea Conservation Coalition) – Matthew Gianni

GREENPEACE – François Chartier

WWF – Elise Pètre

Professeur Callum Roberts de l’Université de York

Professeur Les Watling de l’Université de Hawaii

 

[1] Notamment La Fabrique du Mensonge de Stéphane Foucart et Les Marchands de Doutes de Naomi Oreskes et Erik Conway.

[2] http://wwz.ifremer.fr/content/download/62843/851949/file/Le%20point%20sur%20les%20p

 

Voir l’excellente réponse d’Oceana à la prétendue « durabilité » des pêches profondes :

 OCEANA VF_Octobre 2013-1

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