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La réduction des quotas d’espèces profondes n’empêchera pas leur surpêche

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Les ONG BLOOM, Deep Sea Conservation Coalition (DSCC) et Seas at Risk sont déçues par les totaux admissibles de capture (TAC) fixés hier soir pour les espèces profondes par le Conseil des ministres de l’UE. Les ministres ont baissé le total autorisé de capture pour la plupart des stocks de poissons profonds, mais cette décision n’empêchera pas la surpêche. La plupart des quotas sont fixés bien au-dessus des niveaux recommandés par la communauté scientifique pour parvenir à une pêche durable et permettront par conséquent la surpêche d’espèces profondes vulnérables.

Monica Verbeek, directrice de Seas At Risk, déclarait : “Nous espérions que les ministres des pêches compléteraient l’accord politique trouvé en juin dernier pour la protection des grandes profondeurs marines en adoptant des quotas de pêche très prudents. Il est extrêmement décevant que les ministres aient décidé d’ignorer les avis scientifiques et dautoriser la surpêche.”

Les ministres ont totalement ignoré les avis scientifiques au moment de fixer les quotas de pêche pour des poissons comme la dorade rose, le sabre noir et la mostelle de fond, ce qui met ces espèces en danger. Les ministres ont également autorisé la poursuite de la pêche du grenadier de roche qui a été classé comme en danger d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans sa première « Liste rouge de poissons marins d’Europe » publiée en 2015. Les espèces d’eau profonde ont généralement une croissance lente et un faible taux de reproduction, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la surpêche, surtout lorsque les connaissances scientifiques à leur propos sont limitées.

Le Conseil a également adopté des totaux admissibles de captures pour les requins d’eau profonde, dont plusieurs sont menacés d’extinction ou même en danger « critique » d’extinction, selon l’UICN. Cette décision grave remet en cause les quotas de pêche fixés à zéro pour les requins profonds depuis plusieurs années. « Cela souligne un vice fondamental dans la gestion des pêches profondes » a réagi Matthew Gianni de la Deep Sea Conservation Coalition. « Le Conseil devrait s’assurer que les pêches profondes sont gérées de façon à éviter la capture d’espèces menacées plutôt que d’abdiquer sa responsabilité en fixant un quota permettant la capture accessoire de ces espèces dans des pêcheries non sélectives ».

Les attentes n’ont fait que croître vis-à-vis du Conseil à la suite de l’accord politique trouvé le 30 juin 2016 sur la réforme du règlement encadrant la pêche profonde, qui renforcera considérablement la protection des habitats d’eau profonde. « Nous attendions des ministres de la pêche qu’ils soient à la hauteur des enjeux car le processus de décision des quotas est supposé compléter, et non pas amoindrir, les mesures de protection des fonds marins en empêchant la surpêche des espèces profondes » s’indignait Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM.

Une telle attitude du Conseil aurait été conforme non seulement à la Politique commune de la pêche qui prévoit de mettre fin à la surpêche d’ici à 2020, mais aussi aux engagements internationaux pris à l’Assemblée générale des Nations unies, où il est clairement indiqué que lorsque les informations scientifiques disponibles ne permettent pas d’identifier les taux d’exploitation durables, aucune possibilité de pêche ne devrait être attribuée aux pêcheries concernées.

Plus d’informations :

Ici les recommandations de Seas At Risk’s et l’annexe, envoyées au Conseil des Ministres avant la décision du Conseil.

Télécharger le communiqué au format PDF.

Lire le communiqué de presse en anglais.

A propos de BLOOM www.bloomassociation.org
BLOOM est une association à but non lucratif fondée en 2005 qui œuvre pour la conservation marine et la défense de la pêche durable à travers une démarche de sensibilisation et de médiation scientifique des problématiques environnementales, la production d’études indépendantes, ainsi que par la participation à des consultations publiques et des processus institutionnels. Ses actions s’adressent au grand public ainsi qu’aux décideurs politiques et acteurs économiques.

A propos de la Deep Sea Conservation Coalition http://www.savethehighseas.org
La Deep Sea Conservation Coalition est une organisation rassemblant plus de 70 organisations non gouvernementales de protection de l’environnement, d’organisations de pêcheurs, d’instituts juridiques et de cercles de réflexions engagés dans la protection des océans profonds.

A propos de Seas at Risk http://www.seas-at-risk.org/
Seas At Risk est une organisation regroupant plusieurs ONG environnementales européennes. Elle promeut des politiques ambitieuses en matière de protection marine aux niveaux européen et international.

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