Partager

Enquête de BLOOM sur la restauration scolaire

Partager :

Le poisson dans la restauration scolaire : Nos enfants mangent-ils des espèces menacées ?

BLOOM a mené une enquête succincte sur la consommation de poisson dans les écoles primaires publiques en France et découvert que jusqu’à 90% des communes servaient dans les cantines du poisson profond comprenant des espèces en danger d’extinction.

Plus de six millions d’élèves mangent à la cantine scolaire chaque jour sans qu’il existe une information détaillée à destination des enfants et de leurs parents sur la provenance des produits de la mer servis, bien que ce soit à la cantine scolaire que les enfants mangent le plus souvent du poisson. Cette étude analyse la filière d’approvisionnement en poisson de la restauration scolaire et montre que les écoliers français sont malgré eux complices de la surpêche, de l’extinction d’espèces et de la destruction de l’environnement marin. Elle a été menée parmi les écoles maternelles et élémentaires publiques des trente plus grandes communes françaises et des vingt arrondissements parisiens, au moyen de questionnaires et d’entretiens téléphoniques avec les mairies et les sociétés de restauration collective.

Sur cinquante questionnaires envoyés, vingt ont été remplis, correspondant à 2,5 % des

écoles et 5,92 % des demi-pensionnaires de maternelle et primaire. On trouve en première position des espèces consommées le hoki, poisson profond importé de Nouvelle-Zélande (Macruronus novaezelandiae) et d’Amérique du Sud (Macruronus magellanicus) et le colin d’Alaska (Theragra chalcogramma), servis chacun dans 85 % des villes. En extrapolant les volumes consommés de hoki, il apparaît que les deux tiers (64 %) des importations françaises de hoki sont destinés à la consommation des cantines. Neuf villes sur vingt servent en outre de la saumonette, qui comprend plusieurs espèces de requins, dont certaines sont menacées d’extinction (aiguillat commun Squalus acanthias et squale chagrin commun Centrophorus granulosus). Des poissons profonds tels que la dorade sébaste (Sebastes marinus et Sebastes mentella), le grenadier de roche (Coryphaenoides rupestris) et la lingue bleue (Molva dypterygia) apparaissent également au menu scolaire. Les espèces profondes sont généralement très vulnérables à l’exploitation. Les chercheurs du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) rappellent en 2010 que 100 % des captures d’espèces profondes dans les eaux européennes se trouvent en dehors des limites de sûreté biologique.

Partager :