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DES PÊCHERIES PROFONDES DURABLES : UN OXYMORE ?

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Pêche profonde : Que dit la science ?

Pour en savoir plus :

http://www.bloomassociation.org/download/Bibliographie_sur_les_impacts_des_chaluts_profonds.pdf

http://www.bloomassociation.org/wp-content/uploads/2013/11/Deep-sea-sustainability-literature_highlighted-1.pdf

Lire la publication de 2012 de Norse et al. « Sustainability of deep-sea fisheries » : cliquez ici
Une publication de la FAO (Mace & Sissenwine, Can Deep-Water Fisheries be managed sustainably) établit qu’il« n’existe pas de pêcheries profondes substantielles durables » (cf. tableau 3 page 68).

« Les pêcheries profondes ont échoué à être durables (…) Cette expérience démontre clairement la nécessité d’adhérer strictement à l’approche de précaution ainsi qu’à l’application de l’approche écosystémique« .

Richard Haedrich, professeur émérite de l’Université de Memorial au Canada, répond ci-dessous à un questionnaire soumis par la ‘mission pêches profondes’ faisant suite au Grenelle de la Mer, février 2010 :

  • Avons-nous suffisamment de connaissances à propos des poissons d’eau profonde pour les gérer de façon rationnelle?
  • R.H : En général, la réponse est non, les connaissances sont insuffisantes. Ce qui est nécessaire est la connaissance des paramètres du cycle de vie des poissons concernés. Une étude récente mettant l’accent sur l’Atlantique Nord, l’un des océans profonds les mieux connus du monde, a trouvé que les données requises faisaient presque entièrement défaut.

Dans la perspective de tirer au clair la question cruciale de la durabilité, un workshop a été organisé par BLOOM en collaboration avec divers organismes scientifiques et d’autres ONG pour répondre à trois questions :

  1. Les espèces d’eau profonde peuvent-elles être pêchées de manière durable ?
  2. Les pêches profondes sont-elles actuellement durables ?
  3. Si non, quels sont les changements nécessaires à la gestion des pêcheries profondes pour assurer la durabilité des captures d’espèces ciblées et non ciblées qui se trouvent dans les océans profonds ?

Les chercheurs réunis ont conclu que : « Théoriquement, toutes les pêcheries d’eaux profondes auraient pu être conduites de façon durable ».

La plupart des pêcheries profondes d’importance commerciale étaient déjà en cours, et certaines s’étaient même déjà effondrées, avant que les caractéristiques des populations ne soient connues. Les niveaux historiques de capture étaient bien trop élevés pour permettre aux populations de se reconstituer.

Parmi les nombreuses espèces d’intérêt commercial qui avaient un potentiel de durabilité à long terme, les participants du workshop se sont concentrés sur l’empereur. L’exploitation de l’espèce dans l’Atlantique a entraîné la réduction de la taille du stock à seulement 30% de ce qu’il était à l’origine. Même dans un scenario de « zéro capture », il est probable que la population mette plus de 100 ans à se rétablir. L’empereur est une espèce particulièrement longévive, les femelles matures ne pondent pas jusqu’à ce qu’elles soient plus âgées que la plupart des autres poissons, le cycle de vie de l’espèce est peu connu et la pêche réalisée pendant la période d’agrégation. L’empereur est ainsi un exemple d’espèce dont les caractéristiques indiquent qu’il ne pouvait être pêché de manière durable qu’en prélevant de très faibles proportions de sa population, ce qui ne s’est pas produit dans l’Atlantique Nord et ne semble pas non plus être le cas dans le Pacifique Sud. Au lieu de cela, l’histoire de la pêcherie est caractérisée par une série d’épuisements des stocks dans la plupart des zones de l’océan où l’espèce est pêchée. »

Pour lire les autres conclusions du rapport :

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